Peinture contemporaine Artiste peintre abstrait contemporain
Peinture abstraite
Jean Hardy présente : Ursula Leszkiewicz alias ULESKI
ou la peinture dans tous ses états !
Collectionneurs, critiques d'art, galeristes, fondations d'art contemporain, entreprises, particuliers... n'hésitez pas à contacter (Feel free to get in touch with) uleski@yahoo.fr
Retour à l'Accueil (Home page) : http://peinture.artiste.uleski.over-blog.com/
Entretien réalisé par Jean Hardy
J. H - Avant de commencer, on peut peut-être saluer ceux qui vont nous lire.
ULESKI - Oui. Alors... bonjour à vous tous !
J. H - On a un peu de temps devant nous. Tu vas donc nous parler de toi. J'ai préparé quelques questions. J'avais dans l'idée de commencer par un sujet... disons... controversé.
ULESKI - Je ne suis pas contre.
J. H - Et puis, ça nous mettra tout de suite dans le bain. Bon. Commençons alors ! Dis-moi : si j'oppose la peinture abstraite à la peinture figurative, tu réagis comment ?
ULESKI - Très longtemps, les peintres - pour ne parler que d'eux - n'ont été autorisés à se
figurer que ce que le commun des mortels pouvait se figurer avec eux. Depuis, les choses ont changé, bien évidemment. Mais... cela dit, je connais peu d'artistes dits abstraits
qui... ne figurent rien ou bien des artistes qui ne... se... figurent rien lorsqu'ils créent et ce faisant, des artistes qui ne... nous... figurent pas
quelque chose en retour. Alors, je crois vraiment que c'est un débat stérile que cette opposition entre figuratif et abstrait. Nous les artistes dits "non-figuratifs", on se figure tous
quelque chose en créant... même s'il n'est pas donné à tout le monde de se le figurer avec nous (sourire). Une chose aussi : plus un peintre s'éloigne de la
représentation de la nature, plus c'est difficile d'entrer en relation - en communion, on dira - avec le grand public même si... on peut être tenté de ramener l'abstrait
au figuratif comme on peut ramener l'inconnu au connu pour se rassurer.
J.H - Tu vois, dernièrement j'ai cherché à comprendre la raison pour laquelle ta peinture s'est imposée à moi très vite. Quand on regarde
tes toiles, tout de suite, on sait ! On ne sait pas toujours... quoi mais... on sait. Il y a quelque chose de décisif dans chacune de tes toiles ; quelque chose qui remporte
tout... tout de suite ; quelque chose qui remporte l'adhésion du regard... au premier regard, justement. Quelque chose de définitif aussi. Je crois que ce quelque
chose dans ta peinture qui s'impose tout de suite, c'est le sujet : la forme ou les formes qui composent le sujet d'un tableau. C'est une peinture incarnée. Ta peinture est tout
sauf étriquée. C'est une peinture généreuse aussi : quasi baroque. Je pense à Oiseau de
feu . Avec ta peinture, on est dans la création
plastique "pure" mais... avec l'image en plus ; image-figure, image-motif, image-idée ; image claire en tout cas, affirmée et qui agit tout de suite sur le spectateur et pas seulement à
cause de tes couleurs. Je pense aux Compositions bleues, Ascensions, Folie carminée ; l'assurance de ton trait, de ton geste, sa netteté dans une toile comme A fleuret
moucheté . Dans tes toiles, ces figures renvoient à
ce don que tu possèdes depuis ton plus jeune âge : le dessin. Et le dessin c'est aussi l'architecture - même si aujourd'hui tu as pris tes distances avec ce métier. Tu as su dessiner
bien avant d'étudier l'architecture, non ?
ULESKI - On ne peut pas cacher d'où l'on vient. Je suis Architecte DEPV et le dessin a toujours fait partie de ma vie, depuis mon enfance. L'architecture est venue plus tard, vers l'âge de 16ans. L'architecture et la peinture, tu disais ? Il doit bien y avoir un lien. J'ai tenu un crayon pendant vingt ans. Les gestes qui ont été les miens durant toutes ces années, on doit très certainement les retrouver dans ma peinture : dans les lignes et les formes.
J. H - Au sujet de l'architecture, je sais que tu tiens à saluer deux hommes qui t'ont aidée en tant qu'architecte à mettre un pied à l'étrier dès ton arrivée en France alors que personne ne te connaissait. Si tu veux les nommer, c'est le moment ou jamais.
ULESKI - Oui. Je voudrais citer Gérard Thurnauer et Serge Ketoff. J'ai travaillé pour eux et avec eux. Hormis leur immense talent, ils étaient aussi et surtout, des hommes généreux, des hommes de parole : des hommes d'honneur, d'une grande élégance d'esprit.
J.H - Tu peux nous dire un mot sur l'Association Ligne et couleur dont tu es membre.
ULESKI - L'association est composée d'architectes peintres, graveurs, sculpteurs et des dessinateurs. Ligne et Couleur compte aujourd’hui plus de 80 membres, tous architectes. L'association expose depuis un demi siècle dans des lieux prestigieux tant en France qu’à l’étranger.
J. H - Parle-nous du lien entre la peinture et l'architecture. Je pense à des tableaux comme Urgent désir, Vertige, Sentinelles...
ULESKI - Quand je dessine un trait, j’habite déjà le lieu. Le plus souvent et d'instinct, j’y cherche la lumière et l'équilibre.
J. H - Avec une toile comme Jardin secret , là, tu sembles faire barrage, si j'ose dire.
ULESKI - (sourire) Les artistes sont par définition ouverts au monde. Mais ils doivent aussi être capables de s'en protéger. Leur hyper-sensibilité les y oblige puisqu'elle peut... disons... les fragiliser... pour ne pas dire plus. Alors, il m'arrive de faire barrage comme tu dis... de fermer la porte et de ne penser qu'à la peinture.
J. H - Je ne te demanderai pas pourquoi tu peins mais... dis-moi quand même comment tu peins ?
ULESKI - J'aime offrir quelque chose de moi-même dans un tableau, pas simplement un savoir-faire, une technique, un métier...
J. H - Parce que... du métier, ils sont nombreux à en avoir et puis, de la technique aussi.

ULESKI - Du métier et de la technique, il en faut ! Dans le cas contraire, on prend le risque de devenir un artiste sans métier - c'est à dire, sans maîtrise -, un artiste
sans art et sans oeuvre ; un artiste qui n'aurait pour Art que des attitudes artistiques et rien de plus. L'Art, c'est faire quelque chose d'une certaine
manière : manière que l'on qualifiera d'artistique ; il est bien question de "faire" et donc, il est question de maîtrise. Cela dit, en dehors du métier et de la
technique, je pense au don : le don de soi... à ses
risques et périls ! On s'expose... en exposant. L'Art exhibe tout ce qu'il touche. En anglais,
exposition se traduit par le mot exhibition. Alors... tu vois. La peinture, la
création artistique c'est un pont, un viaduc sous une forme ou une autre. Quand je peins, je cherche un petit signe sur la toile, un signe adressé au fond de l'oeil : la peinture disparaît pour laisser la place à toutes sortes de spéculations sur la composition, les figures, les
formes...
J. H - Dis-moi ! Avec la peinture tu renoues avec ton enfance...
ULESKI - Oui. La spontanéité de l'enfance et la jubilation.
J.H - Et ton pays natal : la Pologne.
ULESKI - Une Pologne mythique sans doute... que celle de mon enfance (voir la série Voyage à Barlinek - ndlr). Je n'ai que des bons souvenirs. L'artiste que je suis aujourd'hui, est née là-bas, c'est sûr ! Je le sais. Alors, difficile de l'oublier.
J. H - Quand tu peins, c'est Ursula qui peint. Le mystère, la magie de l'enfance ! Je t'ai souvent vue te mettre au travail. On peut parler d'état extatique.
ULESKI - Je travaille à l'émotion, disons... sous l'emprise de l'émotion. Quand je peins, je ne m'arrête pas. Je dois accompagner mon geste jusqu'au bout et d'une seule traite. Et si je dois y rester des heures, et bien, tant mieux ! Je ne lâche pas la toile tant que je n'ai pas épuisé cette émotion. Quand cette pulsion est là, j'essaie d'y répondre tout de suite. Après, c'est un autre travail. Tant que mon oeil n'est pas tranquille, je continue d'intervenir sur le tableau. Ca peut prendre des semaines mais ce qui importe, c'est que le geste du départ soit là, bien là dans la toile et qu'il ait été mené jusqu'à son terme, d'une seule traite, lors de ma première pulsion qui m'a fait... me mettre au travail.
J.H - Pulsion et puis, vision aussi. Pas d'Art sans vision !
ULESKI - La matière picturale est là pour donner une forme à cette vision. Cela dit, un artiste peut toujours parler de ce qu'il crée, en fin d'analyse, il faut bien reconnaître que le processus de création engendre sa propre dynamique aussi : est-ce que ce sont mes mains qui travaillent ou bien, cette vision originelle qui guide mes mains ? Tout en sachant qu’on ne peut espérer approcher cette vision qu'une fois qu'on s'est mis au travail ; et le travail, à lui tout seul, représente déjà tout un environnement de contraintes et de résistances ; environnement qui peut altérer ma vision première. Avec le temps, l'expérience aidant, sans doute parvient-on à réduire la distance qui sépare l’œuvre achevée – c'est-à-dire : soi et son travail - de la vision originelle… On ne peut pas être conscient de tout... ou bien, prétendre tout maîtriser, tout contrôler, tout expliquer a posteriori, même si on doit pouvoir tout justifier.
J. H - Pas d'acte gratuit. Peindre, c'est aussi une autre manière de réfléchir. C'est un miroir ?
ULESKI - Aussi.
J. H - En préparant cet entretien, tu m'as dit : "La création pour moi et la peinture en particulier, c'est la représentation du temps, du mouvement et de l'énergie." Maintenant que j'y pense... dis-moi, c'est la définition de la musique, ça !
ULESKI - Tant mieux ! J'aurais sans doute pu être compositrice aussi. Dans une autre vie, peut-être. Tu le sais : je place la musique très, très haut.
J. H - Si maintenant je mentionne le mot "couleur", tu as envie de me répondre quoi à son sujet ?
ULESKI - La couleur pour moi, c'est l'émotion. L'extériorisation, la transposition picturale de mes émotions et de mes sensations. La couleur, c'est aussi l'énergie. C'est ça la couleur. La couleur pour la couleur, ça ne m'intéresse pas plus que ça ; tout comme la peinture pour la peinture. La couleur permet de faire émerger les formes et la lumière...
J. H - Et le geste, le mouvement aussi ! Geste éclair parfois ! Je pense à A fleuret moucheté . Ton graphisme est indissociable de la couleur. La puissance de tes tableaux est dans tes couleurs mais aussi, dans ces figures que tes couleurs font émerger ; couleurs qui sont quelquefois pures, sans mélange de blanc ou bien, à partir d'une teinte, tu obtiens des tons par superposition, empâtement, jeux de transparence. Je pense aux Improvisations : la quatrième surtout qui impose un double regard : celui de loin et celui de près. De loin, les formes, les figures ! De près, ce qui est réellement donné à voir ; et là, c'est un tout autre tableau qui émerge. Pour revenir à la couleur : avec quelle audace, quel courage, tu attaques la couleur ! Rares sont ceux qui osent le faire aujourd'hui.
ULESKI - Les couleurs chaudes ne m'effraient pas. Les couleurs fondamentales non plus : le bleu, le rouge et le jaune. Je sais quelle puissance évocatrice la couleur a.
J. H - Si on raisonne "format", "dimension de la surface", je sais que tu es une artiste plutôt claustrophobe (sourire). Si on te présente une toile de 40cm2, très vite tu étouffes, tu paniques. Un tel format, pour toi, peut être vécu comme une punition.
ULESKI - N'exagère pas, non plus. C'est vrai que je suis plus à l'aise sur des grands formats ; mes gestes peuvent s'y déployer. Je sais que je n'aurai pas à me retenir. Je pourrai prendre mon élan en toute liberté.
J. H - La composition ? L'organisation de la surface ?
ULESKI - Alors qu'on parlait de musique, toi et moi, il y a quelque temps, tu m'as dit : "Seul le silence permet à la musique de se faire entendre."
J. H - Oui. Et ça donne des compositeurs comme Werbern ou bien Boulez.
ULESKI - En ce qui concerne la peinture, dans certaines de mes toiles, je pense que seule une surface laissée quasi vierge, permet à ce qui est donné à voir, d'être vu. C'est un des acquis de la peinture moderne le fait que le dessous puisse occuper une surface plus importante que le dessus, et qui plus est : un dessous non "traité", à peine "touché".
J. H -Tu penses à des toiles comme Sans titre , A fleuret moucheté ?
ULESKI - En autres. Dans la toile "A fleuret moucheté", le dessous est travaillé.
J. H - L'empâtement, tu peux nous en parler ?
ULESKI - L'épaisseur des couches superposées permet de créer du mouvement et de la tension. Ca donne aussi un effet de bas-relief. Cela permet à la troisième dimension d'être ressentie physiquement, je dirais. Mais il ne s'agit pas seulement de créer un effet. Cet empâtement correspond aussi à un besoin. J'ai besoin du contact avec la matière. J'ai besoin de la toucher, de la façonner. C'est physique. Le premier enseignement artistique que j'ai reçu en Pologne, c'était la sculpture.
J. H - On peut parler de sensualité au sujet de ce travail physique ?
ULESKI - Surtout !
J. H - Et l'acrylique ? Puisque tu travailles principalement la peinture acrylique.
ULESKI - Elle convient à mon expression. L'acrylique permet plus de spontanéité. Et j'en ai besoin puisque je travaille sous l'emprise d'une pulsion, d'un besoin impératif de me mettre au travail. C'est bien connu de tous ceux qui utilisent cette matière : avec l'acrylique, les temps de séchage étant très courts, on peut intervenir tout de suite et continuer de construire, de composer sur la toile.
J.H - Tu es une artiste, et tu es peintre. On oubliera les termes tels que "peinture abstraite" ou bien "peinture non-figurative" qui ne sont pas des termes satisfaisants te concernant... mais dis-nous : comment choisit-on en tant qu'artiste-peintre de ne pas représenter le réel : scènes familières, objets symboliques, figures humaines, paysages, portraits, natures mortes et ce qu'on peut aussi appeler "la peinture narrative" ? Comment fait-on ce choix ? Et puis, pourquoi ?
ULESKI - Il y a un parti-pris chez l'artiste, c'est sûr ! Et puis, un penchant naturel. En peinture, le plus souvent, mon regard s'est dirigé instinctivement vers des peintres que l'on dit "abstraits. Cela dit, si la décision de ne pas se situer dans une représentation concrète du réel est une décision consciente, les raisons qui me poussent à faire ce choix, ces raisons-là restent inconscientes. Et c'est mieux comme ça. Si je savais pourquoi je peins ce que je peins, je cesserais sans doute tout simplement de peindre. J'ai longtemps dessiné - des nus notamment - mais sache que je me suis sentie vraiment artiste le jour où... m'attaquant à la peinture, j'ai enfin accepté de me laisser guider par cette pulsion dont on a parlé tout à l'heure, sans chercher à la réfréner ni à la contrôler.
J. H - C'est de ton imaginaire dont tu parles là ?
ULESKI - Oui. C'est ma pulsion et mon imaginaire qu'il faudrait que j'interroge et je n'y tiens pas particulièrement. J'aime cette pulsion et j'aime succomber à cet imaginaire qui est le mien... et ça donne les toiles que tu connais.
J. H - Avec ta peinture, le lien se fait très vite. On est très proche du concret finalement. Quelque chose de concret et d'incarné. C'est bien ça qui me frappe au premier regard : le caractère concret et incarné de tes toiles. Les formes sont habitées. Il n'y a pas de doute là-dessus. Pour moi, tu es déjà le peintre qui a réconcilié le public avec la peinture dite "moderne, contemporaine et abstraite" ; ce public qui serait tenté de penser que la peinture s'arrête avec les Impressionnistes. Regarde comme les enfants sont émerveillés devant ta peinture : ses couleurs et ses formes - sa composition !
ULESKI - Ma peinture est sans compromis et quand je peins, je ne pense à rien d'autre qu'à peindre ; aucune volonté de ma part de séduire qui que ce soit et en dernier lieu, les enfants. Et puis, la peinture dite moderne et contemporaine ne relève pas de ce qui est explicable par le moyen des mots. Cette peinture, on peut l'analyser. On ne peut guère faire plus.
J. H - Tu inscris ton travail de peintre dans quelle école, dans quel mouvement ?
ULESKI - Je ne m'encombre pas de ce genre de considération. L'Art n'est pas un assujettissement mais une libération ; alors, je n'ai pas envie de m'enfermer ni de me soumettre à Dieu sait quels mouvement, école. Il n'est pas nécessaire d'affecter une étiquette à la peinture. En tout cas, ce n'est pas à moi de le faire. Il y a des historiens pour ça.
J. H - On peut parler d'expressionnisme et de lyrisme à ton sujet. Je pense aussi à une peinture de geste comme il y a eu au Moyen Age, ce qu'on a appelé la chanson de geste. Une peinture avec une forte dimension épique donc. Je pense aux tableaux comme Folie carminée, Odyssée onirique, L'envol d'Icare...
ULESKI - Disons que je me réfère souvent à l'action painting dans le sens où je peux dire que je ne suis pas toujours consciente de ce que je fais même si je pense que tout doit avoir sa raison d'être dans une toile : pourquoi telle technique, telle couleur, telle composition, telle facture... là en particulier, là et pas ailleurs etc... et cette raison doit appartenir à l'artiste. Ce qui doit lui échapper... doit vraiment être ce qui... devait lui échapper ! Pour le reste... je préfère penser à un artiste responsable de ses choix : créer c'est aussi et surtout, choisir et choisir c'est exclure.
J.H - Dis-moi, comment tu vois ta peinture dans les années à venir ?
ULESKI - Je ne sais pas. Chaque toile est un nouveau défi. Je ne souhaite pas peindre le même tableau. Je ne tiens pas à développer un style qui ne serait qu'une sorte de... carte de visite ou bien, devenir un artiste avec une charte graphique. J'espère pouvoir me renouveler à chaque fois. Il y a le défi : se mesurer soi-même ! Allez toujours plus loin et ailleurs aussi.
J.H - Tu as parlé de pulsion tout à l'heure, mais derrière cette pulsion il y a aussi l'ambition, sans aucun doute.
ULESKI - Prendre des risques, je dirai : la surprise au séchage avec la texture et les couleurs. J'expérimente.
J. H - Tu penses à Humain, trop humain... et Révélation ?
ULESKI - Oui. Par exemple.
J.H - A une époque où des artistes peuvent être tentés de s'en tenir au vide et à sa représentation, toi, en revanche, tu peins "le plein" et... à ras-bords parfois. Chez toi, l'être est rayonnant et comblé.
ULESKI - Pour moi l'art, c'est la célébration de la vie : énergie et mouvement. Que le désespoir soit dans la vie de
l'artiste ou bien dans son époque, le désespoir ne doit jamais gagner. Les époques les plus terribles ont engendré les oeuvres les plus belles : belles dans le sens de... oeuvres qui
célèbrent la vie. Quelle que soit l'époque dans laquelle on se trouve - aussi sinistre soit-elle - on doit pouvoir continuer de célébrer tout ce qui nous tient debout : célébration de la
vie, célébration du plaisir, de la joie. Jubilation ! L'art doit pouvoir nous arracher à notre existence pratique, nous en libérer pour iluminier et révéler une autre existence, une autre
réalité, une autre conscience, une autre perception de soi et de l'univers.
J. H - Parle-nous de tes influences - ou si tu préfères -, dis-nous quels sont les peintres contemporains dont tu aimes les oeuvres.
ULESKI - Zao Wou-Ki sans aucun doute. Pierre Soulages aussi et ses alternances entre surfaces planes et surfaces striées et le jeu avec la lumière.
J. H - Tu me parles souvent de Cocteau...
ULESKI - Oui. Il est à la fois antique, classique et révolutionnaire. J'aime le monde féerique qui l'entoure et qui l'inspire. C'est un esthète au jugement sûr.
J. H - Et puis, il y a Léonard de Vinci. Pour toi, il symbolise Le Créateur, le chercheur insatiable ?
ULESKI - C'est l'Artiste complet : novateur, précurseur, chercheur. Son oeuvre, son travail, son courage, son obstination me fascinent.
J. H - Parle-nous un peu de ceux qui s'intéressent à tes toiles ?
ULESKI - Ce sont des gens de tous horizons, des passionnés de peinture contemporaine, des collectionneurs et puis, ceux qui aiment la peinture, tout simplement. Cela dit, une toile que je cède, c'est une toile dont je me sépare et je m'en sépare toujours un peu à regret. Alors, j'aime faire la connaissance de la personne qui fera l'acquisition d'un de mes tableaux et si possible, connaître le lieu où il sera exposé. Ces acquéreurs peuvent devenir des amis aussi, des amis proches : on garde toujours le contact. Acquérir un tableau, c'est faire une expérience unique : c'est faire l'expérience de cette joie pure qu’est l’acquisition d’une oeuvre ; c'est aussi savourer cette délectation que procure la contemplation d’une toile et la prolonger en se l'appropriant. C'est ça que je retrouve chez ceux qui ont fait l'acquisition de mes toiles. Et puis, contrairement à ce que l'on croit, cette expérience n'est pas réservée à quelques privilégiés.
J.H - Et si ce désir d'acquisition disparaît, l'offre picturale ne correspond plus à aucune demande. On peut aussi craindre que le public ne soit pas là pour absorber cette production.
ULESKI - Aujourd'hui, on peint sans savoir ce qu'il adviendra de son tableau. Et pourtant, il y aurait tant à faire. Je pense aussi à la peinture murale, les fresques, tous ces bâtiments publiques et privés : les façades et les intérieurs aussi. On devrait sortir la peinture des ateliers, des musées et des galeries d'art. Que tout le monde se l'approprie, cette peinture dite "moderne, abstraite et contemporaine". Qu'on puisse la trouver dans tous les lieux de vie : lieux publics, lieux privés, chez-soi, dans les lieux de travail aussi...
J. H - En plus, tes tableaux s'y prêtent à merveille. Pour conclure, un mot au sujet de ton site ?
ULESKI - Mon site ? Tu oublies que c'est... notre site. Tous les deux, on a
souhaité réunir nos compétences. On a pensé à ce qu'on pourrait appeler "l'interpénétration des arts entre eux". Toi c'est le son. Serge - Serge ULESKI -, c'est les mots. Nos amis, pour la photo. Et
moi... bien évidemment, c'est la peinture. On a tenté de travailler ensemble et je crois qu'on y est parvenus. Dans ce site, on donne à voir, à lire et à écouter. Voilà. Mais... c'est pas fini.
Cette idée mérite d'être développée et les nouvelles technologies sont un outil fantastique pour ça.
J.H - Sans aucun doute. D'ailleurs, on y réfléchit déjà. N'est-ce pas
?
ULESKI - Oui. Mais... on n'en parle pas pour le moment.
J. H - Quant aux expos, on affichera les dates sur le site, le moment venu. On donne donc rendez-vous à ceux qui visitent le site et puis à tous les autres aussi... très prochainement.
ULESKI - Oui. A bientôt donc.
________________________
A lire Hagiographie de l'artiste
Copyright © 2006. ULESKI. Artiste peintre contemporain, Peinture abstraite, Peinture contemporaine, Paris.Tous droits réservés.
Compositions
bleues 1 et 2
L'envol d'Icare
Improvisations 1 à 3
Improvisation
4
Jeune abondance
Voyage à
Barlinek - 1
à 3
Voyage à Barlinek - 4
Voyage à Barlinek - 5
Sentinelles
Humain, trop humain. nouveau
Révélation nouveau
Urgent désir
Ascensions 1 à 3