Sa peinture s'offre d'emblée ; elle se suffit à elle-même. Si concept il doit y avoir, elle n'en connaît qu'un : la spontanéité. Elle ne compte que sur elle et sur son instinct si efficace au premier geste, au premier élan. 

        Une force sûre d'elle-même, sa peinture est signe, sa peinture est figure, sans aucune prétention symbolique, même si tous les niveaux de lecture sont proposés. Peinture pyromane, sous un feu d'artifice permanent, elle ne flirte pas avec la couleur, elle la possède ; et cette couleur n'a qu'un devoir : servir ces mêmes figures, ces mêmes signes qu'elle fait tantôt émerger, tantôt se dresser ou bien, jaillir... sur la toile.

        Elle est matière généreuse - en veux-tu, en voilà ! Elle est résonances savoureuses qui vibrent de toutes les joies : joie de l'artiste, joie d'être, joie de la peinture. 

       Joie singulière que cette joie qui consiste à servir un Art éternel mais tellement fragile ; un Art qui, contre vents et marées, ne cesse de renaître après mille enterrements.

        Alors, non ! La peinture n'est pas morte, elle vit entre les pinceaux, les brosses et les couteaux d'un peintre qui a pour nom : Ursula ULESKI.

                    

        Michel Vollard. 2007 - critique et historien d'art

  

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                 "Je travaille sous l'emprise de l'émotion. Quand je peins, je ne m'arrête pas. Je dois accompagner mon geste jusqu'au bout et d'une seule traite. Quand cette pulsion est là, j'essaie d'y répondre tout de suite. Après, c'est un autre travail. Tant que mon oeil n'est pas tranquille, je continue d'intervenir sur le tableau." 

 

Architecte, artiste peintre, designer, décoratrice, architecte d’intérieur, sculpteur, styliste ! Donnez-lui un espace à aménager, un terrain à construire, une toile tendue sur un châssis, un vêtement à créer, un objet, une matière quelle qu’elle soit... et c’est tout son talent qui se déploiera.




Ursula et la Pologne




En 1983, Ursula quitte son pays et gagne la France, diplôme d’architecte en poche - Ecole Polytechnique de Szczecin (Stétine, en français), primée au "Concours des diplômes" (équivalent du prix de Rome).



Ursula Leszkiewicz et la France




La vache enragée. En attendant le Veau d’Or ?




Femme-architecte d’origine étrangère, exerçant une profession dominée par les hommes, Ursula Leszkiewicz deviendra néanmoins et... très vite, l’éminence grise de nombreuses agences d’architecture (et non des moindres : G. Thurnauer - fut son premier employeur) qui ne se priveront pas de faire appel à son coup de crayon, fruit d’une imagination sans bornes, tempérée par un esprit de synthèse qui lui permet de trouver très vite... la solution.



Membre de l’Ordre des architectes, Ursula Leszkiewicz 
Architecte DEPV travaillera sur de nombreux projets importants de la région parisienne et en province avant d’être accueillie par l’association "Ligne et couleur". De dimension européenne, cette association regroupe des architectes-artistes : peinture, dessin, sculpture et gravure.



Après quelques années fastes, alternant entre la Pologne et la France, Ursula Leszkiewicz prendra ses distances avec le métier d’architecte avec quelques bleus à l’âme... (métier que l’informatique a vampirisé, sans oublier les donneurs d’ordres qui aujourd’hui malmènent quelque peu cette profession) pour mieux retrouver ce qu’elle n’a jamais vraiment quitté : le dessin et la peinture.


Les enseignants et les artistes qu’elle côtoie pendant un temps aux ateliers des Beaux-arts de la ville de Paris verront en elle, dès les premiers jours, une artiste-peintre qui n’a jamais cessé de l’être... avant même de le devenir.




Ses deux identités Polonaise et Française - dédoublements, confrontations - et sa formation initiale participent de son positionnement comme « Architecte et Artiste » : double compétence, double résonance et double identité.



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                "J’aime l’instant où mes mains expriment par le trait, cet état de grâce intérieur, difficilement explicable par les mots !"




Avec la peinture, ULESKI retrouve tous ses droits, sa place et son dû et son âme aussi - slave de surcroît - recouvrant une liberté d’expression totale. Et là, elle ne doit rien à personne et personne ne lui doit rien non plus.




             "Pour moi l'art, c'est la célébration de la vie : énergie et mouvement. Que le désespoir soit dans la vie de l'artiste ou bien dans son époque, le désespoir ne doit jamais gagner. Les époques les plus terribles ont engendré les oeuvres les plus belles : belles dans le sens de... oeuvres qui célèbrent la vie. Quelle que soit l'époque dans laquelle on se trouve - aussi sinistre soit-elle - on doit pouvoir continuer de célébrer tout ce qui nous tient debout : célébration de la vie, célébration du plaisir, de la joie. Jubilation ! Quand je peins, je célèbre aussi la peinture."



Et son sourire... ce sourire qu’elle a gardé ! Un miracle ce sourire car, quand ULESKI sourit, c’est Ursula qu’elle affiche : Ursula, son enfance et son adolescence dans son pays natal : la Pologne (voir la série - Voyage à Barlinek
 )



               Jean Hardy


           A lire  :
Entretien avec l'artiste ULESKI 



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